
Il se dit toutes sortes de choses sur ce qu’il faut pour être une « bonne mère » ou une « bonne maman ». Mais malgré les meilleures intentions, certaines pratiques — souvent adoptées par amour — peuvent avoir l’effet inverse de celui recherché.
Ce qui ressort de manière très constante dans les recherches en éducation et en développement de l’enfant que j’ai pu consulter, c’est que ce ne sont pas les grandes actions qui font la différence, mais les ajustements du quotidien.
Et avec le recul, en tant que maman de trois enfants, c’est aussi ce que j’ai observé : ce sont souvent de petits changements dans ce que l’on fait moins qui ont le plus d’impact. Dans cet article, nous allons voir :
- Ce qu’est réellement une « bonne mère »
- Les pièges liés à cette notion
- Comment viser une parentalité plus réaliste
- 28 choses à faire moins souvent pour être une bonne maman sans pression inutilee
La bonne mère: C’est quoi?
Donald Winnicott est connu pour avoir développé le concept de « parent suffisamment bon ».
Selon lui, la pression exercée sur les parents les pousse à viser une forme de perfection irréaliste. Résultat : beaucoup de mères se sentent rapidement inefficaces ou dépassées. Winnicott propose une vision plus réaliste : permettre à l’enfant de vivre des expériences normales, y compris la frustration.
Les travaux contemporains en psychologie du développement confirment largement cette idée : un enfant n’a pas besoin d’un environnement parfait, mais d’un cadre suffisamment sécurisant pour explorer, échouer et apprendre.
Le sentiment d’inefficacité parentale est très répandu. Il influence :
- le niveau de stress
- la façon de réagir aux défis
- la capacité à encourager l’autonomie
Les études montrent que les parents qui se sentent compétents ont tendance à être plus cohérents, plus confiants et moins anxieux dans leurs interactions.
Mais alors, qu’est-ce qu’être une bonne mère ? Il n’y a pas de réponse universelle.
Chaque famille, chaque enfant, chaque contexte est différent. Ce que montrent néanmoins les recherches, c’est que la qualité de la relation parent-enfant reste le facteur le plus déterminant..
Selon Winnicott, votre enfant n’a besoin que d’un « parent suffisamment bon », capable de s’adapter à ses besoins et qui sait quand lâcher prise au fur et à mesure qu’il grandit afin de lui permettre de se familiariser avec les réalités de la vie.
Être une bonne maman : les pièges à éviter
Il est normal de se demander si l’on est une « bonne mère » ou une « mauvaise mère ».
Mais ces étiquettes peuvent devenir piégeuses. Aujourd’hui, beaucoup de parents cherchent à atteindre une perfection inaccessible :
- vouloir tout faire parfaitement
- éviter toute erreur
- anticiper chaque difficulté
- répondre à toutes les attentes
Or, les données scientifiques actuelles montrent que cette quête de perfection est souvent associée à plus de stress parental, sans bénéfice réel pour l’enfant.
Je suis moi-même passée par cette phase où l’on a l’impression qu’il faut “tout bien faire”… avant de réaliser que cela complique surtout le quotidien.
Pour être un « parent suffisamment bon », voici 28 choses qu’il faudrait réduire ou arrêter de faire.
Comment être une bonne mère : 28 choses qu’il faut cesser de faire
1) Arrêtez de protéger votre enfant face à la frustration
Les parents efficaces ne protègent pas leurs enfants de la frustration. Ils leur apprennent à y faire face, car elle fait partie de la vie normale. Comme le dit le chercheur Martin Seligman, c’est le fait de surmonter la frustration qui renforce l’estime de soi de votre enfant.
2) Arrêtez de trop en faire pour votre enfant
Les enfants surprotégés ont plus de mal à réguler leurs émotions.
De plus, il y a une forte chance qu’ils deviennent des adultes dépendants, qu’ils aient du mal à assumer des rôles de leadership, qu’ils se sentent impuissants à changer les choses et qu’ils éprouvent des difficultés à résoudre même des problèmes simples.
Voici un petit quiz pour savoir si vous êtes un parent trop indulgent.
3) Arrêtez de trop donner
Trop de jouets, trop d’activités, trop de choix… Cela peut créer de la confusion et diminuer la capacité à apprécier. Certaines études montrent qu’un environnement plus simple favorise l’attention et le jeu autonome.
4) Arrêtez de mettre vos besoins de côté
À quand remonte la dernière fois où vous avez fait quelque chose pour vous ?
La parentalité n’est pas censée vous « dévorer ». Personne ne réagit de la même manière lorsqu’il est stressé, irritable et énervé, que quand il est calme et détendu. Avant de pouvoir prendre soin des autres, prenez soin de vous. Mettez-vous sur votre liste de priorités.

5) Arrêtez d’« étouffer votre enfant d’amour »
Vous n’êtes pas toujours obligé d’être présent à toutes les activités de votre enfant. Ni d’y participer. Vous n’avez pas à l’appeler toutes les cinq minutes pour savoir ce qu’il fait.
« Trop » n’a rien à voir avec l’amour. C’est souvent un signe de contrôle et la preuve que vous ne lui faites pas confiance.
6) Arrêtez d’avoir de faibles attentes
Les enfants ont besoin de responsabilités et d’être tenus responsables de l’accomplissement de celles-ci.
C’est en surmontant les défis que la confiance de votre enfant se développe. Arrêtez d’attendre moins que ce dont il est capable. L’attribution de tâches ménagères adaptées à son âge est un bon début.
Pour aller plus loin
La discipline des enfants : poser le cadre et les limites qui fonctionnent vraiment ?
7) Arrêtez de vous comparer aux autres parents
L’herbe est toujours plus verte ailleurs, cela ne veut pas dire qu’elle l’est.
Se comparer à d’autres parents ne vous fera que douter de vos capacités. Concentrez-vous plutôt sur vos valeurs et sur ce qui compte vraiment pour vous.
8) Arrêtez de vous livrer à des batailles perdues d’avance
Il faut être deux pour jouer au jeu du pouvoir. Votre enfant contestera votre autorité – c’est ainsi qu’il apprend les limites, les conséquences, les choix, l’autonomie… –, mais vous n’êtes pas obligé de toujours rentrer dans son jeu.
Il faut savoir où se situent vos priorités et avoir une vision claire de vos valeurs négociables et non négociables, et ensuite choisir vos batailles et arrêter de tout dramatiser.

9) Arrêtez les pratiques disciplinaires sévères
Les recherches sont très claires : les punitions sévères peuvent nuire à la relation parent-enfant et au développement émotionnel. L’objectif est d’enseigner, pas de contrôler.
Au lieu des stratégies disciplinaires punitives, renseignez-vous sur les stratégies de discipline positives et efficaces qui aideront à transformer le comportement de votre enfant sans ruiner votre relation avec lui.
10) Arrêtez de dire « je n’ai pas le temps »
Tout le monde a 24 heures dans sa journée. La façon dont elles sont utilisées dépend de ses priorités : à qui consacrez-vous votre temps ? À quoi ?
Il existe suffisamment de preuves que passer du temps avec vos enfants réduit les mauvais comportements, leur donne envie de « bien faire » et renforce votre relation parent-enfant.
Cela dit, la qualité l’emporte sur la quantité. Planifier 10 à 15 minutes pour passer du temps avec vos enfants tous les jours vous fera à tous un grand bien. Voici un défi gratuit avec des activités courtes à télécharger gratuitement.
11) Arrêtez d’ignorer les mauvais comportements
Ignorer un mauvais comportement est en réalité une stratégie de discipline efficace qui a fait ses preuves, mais pas lorsque votre réaction est inconsciente. Voici cinq problèmes de comportement que vous ne devez jamais négliger.
12) Arrêtez d’éviter de fixer des limites
Fixer des limites n’a rien à voir avec le contrôle. Il s’agit de fournir un cadre pour orienter le comportement de votre enfant. Ces limites lui indiquent « jusqu’où il peut aller ».
Fixer des limites signifie également mettre des conséquences appropriées en place et tenir votre enfant responsable de son comportement.
Cet article contient des conseils sur la définition des limites de façon efficace.
13) Arrêtez de vous concentrer sur les mauvais comportements
Se concentrer sur les mauvais comportements les aggrave. Mais cela ne signifie pas que vous devez les négliger. Il faut plutôt élaborer une stratégie de discipline positive capable d’aider votre enfant à remplacer les traits de comportement négatifs par ceux positifs.
Voici 3 outils pour mieux gérer la discipline de votre enfant.
14) Arrêtez l’incohérence
Si un comportement pour lequel il y a des conséquences aujourd’hui est ignoré demain, votre enfant reçoit des signaux contradictoires. Soyez clair sur vos attentes non négociables et appliquez systématiquement les conséquences.
15) Arrêtez de crier ou apprenez à moins crier
Crier diminue l’écoute réelle et augmente la tension. Votre enfant ne vous écoutera pas plus si vous criez. C’est plutôt le contraire qui se passe : cela aggrave son comportement.
La bonne nouvelle est qu’il est possible de crier moins en changeant la façon dont vous communiquez avec votre enfant. Voici quelques conseils simples pour y arriver.

16) Arrêtez de protéger votre enfant des situations difficiles sur le plan émotionnel
Si vous avez un enfant anxieux, vous éviterez probablement les situations qui provoquent son anxiété, ou ce qui peut le rendre anxieux à la maison.
C’est ce que l’on appelle « l’accommodation » et cela peut en réalité aggraver son état. Au lieu de protéger votre enfant, donnez-lui les outils dont il a besoin pour gérer plus efficacement les situations difficiles.
17) Arrêtez de punir et commencez à discipliner votre enfant
La punition n’a rien à voir avec la discipline. La punition est une question de contrôle, la discipline cherche à enseigner quelque chose. Cette dernière est censée faire comprendre à votre enfant la relation entre les limites, les choix et les conséquences.
La prochaine fois que votre enfant enfreint les règles, demandez-vous ce que votre réaction est supposée lui apprendre.
18) Arrêtez avec les étiquettes
Les étiquettes peuvent devenir des prophéties autoréalisatrices. Un enfant que l’on qualifie toujours d’« agressif » apprend que l’agression fait partie intégrante de sa nature.
Concentrez-vous sur le comportement de votre enfant (« Ce n’était pas bien d’arracher le jouet de Tom de ses mains. ») plutôt que de l’étiqueter (« Tu as été très méchant d’avoir arraché le jouet de Tom de ses mains. »).
Les injures ont un impact négatif sur l’estime de soi de votre enfant et les blessures qui en résultent peuvent le suivre jusqu’à l’adolescence et même à l’âge adulte.
19) Arrêtez de traiter tous vos enfants de la même façon
Ce n’est pas la même chose d’être « équitable » et d’être « juste ». Vous ne pouvez pas traiter tous vos enfants de la même façon, parce qu’ils sont tous uniques. Être juste signifie prendre en compte la personnalité de votre enfant dans vos réactions.
De plus, le tempérament de votre enfant influence son comportement et vous aide à déterminer la meilleure approche parentale à adopter. Voici un guide gratuit contenant les 16 personnalités des enfants, avec leurs forces et leurs faiblesses.
20) Arrêtez les conséquences disproportionnées
Il n’y a aucune bonne raison « d’interdire à votre enfant de sortir pendant trois mois » – ce n’est pas la peine d’en chercher une.
Les conséquences les plus efficaces sont celles qui ont du sens et qui enseignent des leçons importantes.
Pour leur donner encore plus de sens, discutez-en avec votre enfant. Laissez-le vous aider à déterminer les conséquences lorsque cela est possible : « Tu as choisi comme tâche ménagère de sortir la poubelle chaque semaine. Qu’est-ce que l’on fait si tu ne le fais pas ? Quels privilèges perdras-tu ? Pendant combien de temps ? »
21) Arrêtez de surcharger votre emploi du temps
Être un « bon parent » ne signifie pas que chaque seconde de votre journée doit être remplie d’activités.
Si vous êtes toujours en train de courir et que votre famille n’a que peu de moments calmes, cela peut être le signe que vous en faites trop. Faites un effort conscient pour ralentir les choses.

22) Arrêtez de prendre toutes les décisions pour votre enfant
Impliquer développe l’autonomie. Même les plus jeunes bénéficient de la prise de décisions dans un cadre : « Tu veux la jupe rouge ou la jupe jaune ? », « Est-ce que tu vas prendre ta douche maintenant ou tout de suite après ton goûter ? »
23) Arrêtez de rester dans le passé
Bien qu’il soit normal de penser au passé, se concentrer sur l’avenir est une stratégie parentale plus efficace. Cela signifie qu’au lieu de vous focaliser sur les erreurs ou les échecs du passé, il faut aider votre enfant à penser à l’avenir : « Que feras-tu la prochaine fois ? »
Il s’agit d’une stratégie très efficace que Carol Dweck appelle la parentalité axée sur une mentalité de croissance.
24) Arrêtez d’invalider les émotions de votre enfant
Même si vous ne comprenez pas toujours les réactions émotionnelles de votre enfant, cela ne les rend pas moins valables. Il doit savoir que ses émotions comptent et que tout le monde éprouve les mêmes. Cela renforcera son intelligence émotionnelle.
25) Arrêtez d’éviter les sujets importants
Les enfants ne naissent pas « au courant de tout ». Ils apprennent des choses telles que la gratitude, l’empathie, l’acceptation d’autrui, etc. grâce à ce qu’on leur inculque.
Il faut également les sensibiliser à d’autres questions importantes telles que le harcèlement, l’abus sexuel ou les rapports sexuels. Le fait de ne pas les évoquer avec lui signifie qu’il va les apprendre ailleurs, et pas nécessairement auprès des meilleures sources.
26) Arrêtez de sous-évaluer l’avis de votre enfant
Demander l’avis de votre enfant l’aide à mettre en pratique sa capacité à prendre de bonnes décisions : « Qu’en penses-tu ? », « Qu’est-ce que tu ferais ? », « Qu’est-ce que tu changerais ? »
27) Arrêtez de chercher la perfection
Être un « bon parent » n’a rien à voir avec la perfection. Le parent parfait est un mythe. Toutes les recherches convergent : la perfection n’est ni nécessaire ni bénéfique.
28) Arrêtez d’humilier votre enfant
Il fut un temps où les parents pensaient que le fait d’humilier les enfants était une stratégie efficace d’inculquer la discipline. Ils avaient tort. Mais certains parents continuent à le faire. L’humiliation a des effets durables.

Comment être une bonne mère? Réflexions finales
La définition d’une bonne mère varie. Mais une chose reste constante : Ce n’est pas la perfection qui compte.
À travers toutes les recherches que j’ai pu analyser, une idée revient systématiquement : ce sont les relations sécurisantes, cohérentes et imparfaites qui soutiennent le développement des enfants.
Et dans la réalité du quotidien, cela ressemble rarement à quelque chose de “parfait”.
Questions fréquentes
1) Est-ce normal de douter en tant que mère ?
Oui. Le doute fait partie du rôle parental et montre une implication réelle.
2) Peut-on être une bonne maman en faisant des erreurs ?
Oui. Les erreurs font partie de l’apprentissage.
3) Est-ce que la quantité de temps compte ?
La qualité est plus importante que la quantité.
4) Comment savoir si je suis une bonne mère ?
Le fait de se poser la question est déjà un indicateur positif.
5) Est-il important de penser à soi ?
Oui. Un parent qui va bien est plus disponible.
Conclusion
Être une bonne mère ou une bonne maman n’est pas une question de perfection. C’est un équilibre qui se construit avec le temps, les ajustements et l’expérience.
Références
Quelle est l’importance du temps que les mères passent avec leurs enfants ou leurs adolescents ?
Régulation des émotions : conséquences affectives, cognitives et sociales
L’autodiscipline dépasse le QI pour prédire les performances scolaires des adolescents




Voila cette semaine il as fait très chaud début de semaine j’envoie a mon fils tu n’as pas trop chaud je vois qu’il a vu mon message mais pas de réponse trois jours après je recommence pas trop chaud toujours rien deux jours après j’envoie pourquoi tu répond pas houlala qu’est-ce que j’ai pris et des reproches j’en ai marre et j’en passe apparemment je serai une mauvaise mère je comprends pas
Merci pour votre commentaire Thérèse. Pas toujours facile la vie de mamans!