
Parmi mes citations préférées figure celle du psychologue Gordon Allport, qui dit que « la réputation de quelqu’un, qu’elle soit fausse ou vraie, ne peut être martelée, martelée, martelée dans sa tête sans que cela n’affecte son caractère. »
Bien qu’Allport fasse référence à l’influence des groupes, cette affirmation est forte car elle montre à quel point les mots peuvent bâtir ou détruire, guérir ou briser.
Avec le temps, je me suis rendu compte d’une chose assez simple : nos enfants nous croient énormément. Quand nous répétons certaines phrases, même sans mauvaise intention, elles peuvent finir par influencer la façon dont ils se voient.
Et soyons honnêtes : aucun parent ne choisit toujours ses mots parfaitement. Entre la fatigue, les journées chargées et les disputes du quotidien, il arrive que certaines phrases sortent toutes seules.
Cet article n’est donc pas une liste de règles strictes. C’est plutôt une invitation à réfléchir à certaines expressions que beaucoup d’entre nous utilisent sans y penser — et à découvrir des alternatives plus constructives. Au fil des années, j’ai essayé de faire plus attention à quelques phrases en particulier. Voici celles que j’essaie désormais d’éviter.
9 phrases que j’essaie d’éviter de dire à mes enfants

1. « On n’a pas d’argent »
Beaucoup de parents utilisent cette phrase dans une situation très simple : un enfant réclame un jouet, une friandise ou quelque chose de plus… et on veut simplement dire non.
Je l’ai moi-même utilisée pendant longtemps. Un jour, j’ai réalisé que mes enfants ne comprenaient pas forcément ce que je voulais dire. Pour eux, cela pouvait signifier que la situation financière de la famille était inquiétante, alors que ce n’était pas du tout le message que je voulais transmettre.
Aujourd’hui, j’essaie plutôt de dire quelque chose comme :
- « Ce n’est pas prévu aujourd’hui. »
- « On va garder ça pour une autre fois. »
- « On choisit autre chose. »
L’idée n’est pas d’éviter complètement les discussions sur l’argent, mais simplement de ne pas transformer un refus du quotidien en sujet stressant pour un enfant.
2. « Tu fais toujours… » ou « Tu ne fais jamais… »
Les mots « toujours » et « jamais » sont très faciles à utiliser quand on est agacé. Je me surprends encore parfois à dire :
- « Tu ne ranges jamais ta chambre. »
- « Tu fais toujours la même chose. »
Mais quand j’y réfléchis après coup, je sais bien que ce n’est pas vrai. Les enfants, comme les adultes, font parfois bien les choses et parfois moins bien. Dire « toujours » ou « jamais » peut donner l’impression que leur comportement ne peut pas changer.
J’essaie donc maintenant de décrire simplement la situation :
- « Ta chambre n’est pas rangée aujourd’hui. »
- « Les vêtements sont encore par terre. »
C’est souvent plus clair, et cela évite de transformer un petit problème en étiquette.

3. « Tu es trop sensible »
Les émotions des enfants peuvent parfois sembler très intenses. Un jouet cassé peut provoquer des larmes, une dispute avec un ami peut ressembler à une catastrophe. Je me suis rendu compte que dire « tu es trop sensible » ne faisait pas vraiment disparaître l’émotion.
En revanche, cela pouvait donner l’impression que ressentir quelque chose est un problème. Aujourd’hui, j’essaie plutôt de dire :
- « Je vois que ça t’a vraiment contrarié. »
- « Tu veux m’expliquer ce qui s’est passé ? »
Parler des émotions ne les amplifie pas forcément. Souvent, cela aide simplement l’enfant à les comprendre un peu mieux.
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4. « Parce que c’est comme ça »
Je pense que presque tous les parents ont déjà utilisé cette phrase. Et je comprends pourquoi : parfois, on est fatigué et on n’a tout simplement pas l’énergie d’entrer dans une longue discussion.
Mais j’ai remarqué que lorsque je prends quelques secondes pour expliquer la règle, même brièvement, les choses se passent souvent mieux.
Par exemple :
- « On éteint la tablette parce que c’est l’heure de dormir. »
- « On met le casque parce que c’est plus sûr à vélo. »
L’explication n’a pas besoin d’être longue. Mais elle aide l’enfant à comprendre que les règles ont une raison.
5. « Ne sois pas stupide »
Ce genre de phrase sort parfois dans un moment d’énervement. Mais avec un peu de recul, on se rend vite compte qu’elle ne sert pas vraiment à grand-chose. Dire à un enfant qu’il est « stupide » ne l’aide pas à comprendre ce qui n’a pas fonctionné.
Quand mes enfants font une erreur, j’essaie plutôt de parler de la situation :
- « Ce n’était peut-être pas la meilleure idée. »
- « On va essayer autrement. »
Cela garde la discussion centrée sur le comportement, pas sur la personne

6. « Les grands garçons / les grandes filles ne pleurent pas »
Pendant longtemps, on a répété cette phrase presque automatiquement. Pourtant, pleurer est simplement une façon naturelle d’exprimer une émotion. Avec mes enfants, j’ai remarqué qu’essayer d’arrêter les larmes immédiatement fonctionne rarement.
Ce qui aide davantage, c’est souvent :
- écouter
- nommer l’émotion
- laisser le temps de se calmer
Cela ne signifie pas que toutes les situations doivent durer longtemps. Mais reconnaître l’émotion peut aider l’enfant à passer à autre chose plus facilement.
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7. « Pourquoi tu n’es pas comme… ? »
Les comparaisons sont très tentantes. Quand un enfant range sa chambre rapidement et que l’autre traîne un peu, la phrase peut venir toute seule. Je l’ai déjà pensée, je l’avoue. Mais comparer les enfants — que ce soit avec un frère, une sœur ou un camarade — ne donne pas forcément envie de faire mieux.
Souvent, cela crée surtout de la frustration ou de la rivalité. Aujourd’hui, j’essaie plutôt de dire :
- « J’ai remarqué que tu t’es appliqué. »
- « Merci d’avoir rangé. »
Mettre l’accent sur ce que l’enfant fait lui-même est généralement plus motivant.
8. « Si tu continues, je pars »
Certaines phrases apparaissent quand la tension monte. Les menaces en font partie. Dans la réalité, la plupart du temps, nous ne les mettons pas à exécution. Les enfants finissent d’ailleurs souvent par le comprendre.
Avec le temps, j’ai trouvé qu’il était plus simple d’annoncer clairement ce qui va se passer :
- « Si ça continue, on rentre à la maison. »
- « Si tu lances les jouets, on va les ranger. »
Cela reste ferme, mais cela reste aussi prévisible et concret.
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9. « Je regrette d’avoir eu des enfants »
Les parents peuvent parfois dire des choses sous le coup de la colère ou de la fatigue. Cela arrive dans toutes les familles. Mais certaines phrases sont particulièrement lourdes à entendre pour un enfant. Quand je me sens vraiment dépassé, j’essaie plutôt de prendre une pause ou de dire simplement :
« Là, je suis très énervé. On en reparle dans quelques minutes. »
Cela permet de faire retomber la tension sans dire quelque chose que l’on regrettera ensuite.
En conclusion : les mots comptent… mais aucun parent n’est parfait
Si vous avez déjà utilisé certaines phrases de cette liste, rassurez-vous : vous êtes simplement un parent normal. Nous avons tous des moments où la fatigue, le stress ou la frustration prennent le dessus.
L’important n’est pas d’être parfait, mais d’essayer progressivement d’ajuster notre façon de communiquer. Avec le temps, j’ai constaté que de petits changements dans les mots que j’utilise peuvent transformer les conversations avec mes enfants :
- plus d’écoute
- moins de tensions
- et souvent beaucoup plus de coopération
Et la bonne nouvelle, c’est que les enfants sont très ouverts à ces changements. Chaque jour est une nouvelle occasion d’essayer une autre approche..
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