Les conséquences de notre stratégie de discipline sur nos enfants peuvent persister bien au-delà de leur enfance. Elle peut leur apprendre l’autodiscipline ou provoquer chez eux des souffrances psychologiques qui les suivront tout au long de leur vie.
Toutefois, la limite entre les punitions positives et négatives n’est pas toujours nette. Il existe de nombreuses nuances entre les deux, et ce que nous considérons parfois comme une sanction inoffensive ou normale peut en réalité s’avérer négatif et nuisible.
Selon la science, le comportement des enfants habitués aux punitions négatives est motivé par la peur. Dans une étude, une équipe de chercheurs analysant les effets des punitions négatives sur le comportement des enfants de 3 et 4 ans a enregistré discrètement le comportement des enfants après leur avoir donné des instructions bien précises et ensuite les avoir laissés seuls.
L’étude a montré que plus les enfants grandissaient dans un environnement où la discipline négative était fréquente, plus ils étaient malhonnêtes et plus les mensonges dissimulant leur malhonnêteté étaient élaborés.
Contrairement à la croyance populaire, la discipline négative ne se limite pas à la punition violente et/ou physique. Elle va bien au-delà. Ce type de discipline se réfère à toute forme de punition qui entraîne des dommages psychologiques ou physiques chez votre enfant.

Les types de punitions négatives
Les formes les plus courantes de punitions négatives se répartissent en deux groupes : celles qui causent des dommages physiques et celles qui provoquent des traumatismes psychologiques.
Les punitions violentes qui impliquent des sévices physiques sont les plus connues des punitions négatives. Nous savons aujourd’hui que l’usage de la violence n’améliore pas le comportement des enfants, au contraire, il l’aggrave.
Par exemple, des études ont montré que la violence engendre la violence. En d’autres termes, les enfants exposés à des styles parentaux autoritaires et/ou à la violence physique sont plus susceptibles de présenter des traits agressifs, à la fois pendant l’enfance et à plus long terme.
L’inverse est également vrai : certains des enfants exposés à la violence peuvent apprendre à considérer la violence comme normale et à accepter davantage les actes violents tels que les harcèlements dont ils font l’objet.
Les enfants exposés à des punitions négatives risquent également d’avoir plus de mal à se faire des amis et à les garder, de subir des dépressions et des angoisses plus tard dans leur vie, et d’avoir du mal à gérer leurs émotions.
Malgré les conséquences négatives considérables de la violence psychologique, nombreux sont ceux qui ne considèrent pas ce type de violence comme une forme de punition négative. Or, la science a démontré que la violence psychologique peut être tout aussi néfaste que la violence physique.
Par exemple, plusieurs études ont montré que si le fait de crier occasionnellement sur un enfant ne le détruira peut-être pas, ceux qui se font constamment crier dessus ont une moins bonne estime de soi, sont plus agressifs, et sont également enclins à la dépression.
Le fait de crier sur votre enfant peut lui être préjudiciable et ruiner votre relation avec lui. De plus, comme vous le savez sans doute déjà, cette méthode est rarement efficace. En effet, crier est souvent une solution de facilité, une solution « sous le coup de l’émotion » qui vise davantage à obtenir des résultats rapides qu’à résoudre les problèmes sous-jacents.
Mais le fait de crier sur son enfant s’avère être une forme d’agression psychologique parmi d’autres. La vérité est que même les mots que nous utilisons avec nos enfants peuvent causer des dommages durables. Si vous répétez constamment à votre enfant qu’il ne vaut rien, il finira par vous croire. Comme l’a dit Peggy O’Mara, « la façon dont nous parlons à nos enfants devient leur voix intérieure ».
Voici quatre éléments qui peuvent vous aider à adopter des stratégies plus positives en matière de punitions.

Comment utiliser efficacement la punition positive
1) Concentrez-vous sur le comportement, et non sur l’enfant. C’est probablement une idée que vous avez déjà entendue, mais c’est l’un des moyens les plus faciles d’éviter les punitions négatives. Le fait de se concentrer sur le comportement change la façon dont vous percevez la situation et dont vous y réagissez.
2) Éviter de réagir à chaud. Tous les parents réagissent sous le coup de l’émotion. Il en est ainsi, c’est tout. Mais la plupart d’entre nous finissent par le regretter. Lorsque vous réagissez à chaud, vous risquez de dire ou de faire certaines choses que vous n’auriez pas faites autrement. Même en cas de colère, respirez profondément pendant dix minutes ou éloignez-vous quelques instants avant de prendre une décision sur la façon de réagir à la situation.
3) Créez votre propre boîte à outils de discipline. Si vous n’avez pas de stratégie disciplinaire bien pensée, il est plus probable que vous réagissiez au comportement de votre enfant en lui infligeant une punition négative.
Renseignez-vous donc sur les différentes stratégies de discipline et choisissez celle qui convient le mieux à votre enfant et à votre famille. Rappelez-vous qu’il est tout à fait normal d’utiliser différentes stratégies de discipline en fonction de la situation à laquelle vous êtes confronté.
4) Fixez des limites claires et assurez-vous que votre enfant en est conscient. En fixant des limites claires, votre enfant comprendra plus facilement ce que l’on attend de lui. Mais poser des limites claires, c’est aussi préciser les conséquences du non-respect de celles-ci.
En impliquant les enfants plus âgés dans le choix des conséquences de leur comportement – « que ferons-nous si tu ne reviens pas à l’heure convenue » – vous les aiderez à assumer davantage la responsabilité de leur comportement et à éviter les punitions négatives.
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Nombreux sont ceux qui oublient que la discipline est destinée à s’inscrire dans la durée. Elle a pour but d’apprendre l’autodiscipline à votre enfant, et pas uniquement de lui faire peur pour qu’il se comporte d’une manière donnée.
Réfléchissez donc à vos valeurs parentales. Qu’est-ce qui est vraiment important pour vous ? Qu’est-ce qui ne l’est pas ? Qu’espérez-vous enseigner à votre enfant par le biais de vos stratégies disciplinaires ? N’oubliez pas qu’il existe de nombreuses approches disciplinaires efficaces et non punitives qui peuvent vous aider à gérer plus efficacement le comportement de votre enfant.
N’oubliez pas que les punitions négatives peuvent vous apporter des résultats immédiats, mais pas nécessairement ceux que vous recherchez.
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