
Les pères sont de plus en plus impliqués dans l’éducation de leurs enfants et être un « père au foyer » n’est plus aussi mal vu qu’il y a encore quelques années.
Selon les études[1], les pères passent beaucoup plus de temps à s’occuper de leurs enfants qu’il y a 50 ans. Mais si les papas en font plus, ils en font toujours moins – et consacrent moins de temps à leurs enfants – que les mamans.
Dans une étude[2], il a été constaté que les pères qui passaient le plus de temps avec leurs enfants se sentaient plus confiants dans leur rôle de parents et plus satisfaits au travail. Mais les bienfaits sont encore plus importants pour les enfants.
Autrement dit, tout le monde y gagne lorsque les pères s’impliquent activement dans la vie de leurs enfants : les pères comme les mères sont plus heureux, les enfants s’épanouissent, et les relations familiales sont plus solides.
Une étude[3] récente a montré que les enfants dont les pères étaient plus impliqués dans leur vie avaient une meilleure maîtrise de soi.
Les auteurs de celle-ci ont constaté que si les pères jouaient avec leurs enfants au cours des premières années de leur vie, les risques de comportements à problème étaient moindres en grandissant, et que ces derniers maîtrisaient mieux les émotions difficiles.
Au départ, l’étude cherchait à comprendre si les pères et les mères se comportaient différemment avec leurs enfants, et comment leurs façons de jouer influençaient leur développement.
Ils ont donc examiné 78 articles scientifiques portant sur la fréquence et la nature des jeux parent-enfant, de la naissance à l’âge de trois ans.
Cette étude a constaté que les interactions ludiques avaient un impact positif sur le développement social, émotionnel et cognitif de l’enfant.
Elle a également montré que si les pères se livraient principalement à des jeux physiques, ces jeux se déroulaient dans un environnement sûr dans lequel les enfants pouvaient mettre en pratique leurs capacités d’autorégulation.
Ces enfants parvenaient mieux à contrôler leur comportement et leurs émotions en grandissant, parce qu’ils avaient déjà exercé ces compétences à travers le jeu.
Toutes les études montrent que toute la famille gagne quand les deux parents sont activement engagés dans l’éducation des enfants.
Bien qu’il existe de nombreux facteurs indépendants qui influencent le partage des tâches parentales, voici trois astuces qui peuvent aider.
Comment mieux répartir les tâches parentales ?

1) Définissez tous les besoins en ce qui concerne les tâches parentales
Une étude[4] récente a montré que bien que tous les parents considèrent que s’occuper des enfants est important, les mères sont moins satisfaites et sont davantage stressées que les pères. Les auteurs de l’étude suggèrent que tout dépend de la manière dont les tâches de la famille sont réparties entre les parents.
Même si l’étude n’a pas pu expliquer pourquoi les pères étaient plus heureux dans leur rôle de parent, elle a permis de constater que la plupart des mères assumaient des activités qui avaient tendance à générer plus de stress et qu’elles étaient aussi plus à même de pratiquer le « solo parenting », c’est-à-dire le fait de s’occuper d’un enfant sans la présence de son partenaire.
L’étude a analysé différentes dimensions de l`éducation des enfants, telles que le type d`activités dans lesquelles les parents s`engagent, leur participation à des activités éducatives telles que les devoirs, et quel parent s`occupe des aspects administratifs de l`éducation tels que le transport des enfants ou la planification des activités.
Les chercheurs se sont également intéressés à d’autres aspects tels que le moment et le lieu des activités, leur durée, le degré d’implication des parents, et les autres personnes/intervenants présentes lors de celles-ci.
Le fait de détailler les activités peut aider chaque partenaire à prendre conscience de ce qu’il y a à faire et à choisir plus facilement les activités qui correspondent aux disponibilités de chacun.
C’est aussi un moyen simple de permettre aux papas de passer plus de temps avec leurs enfants et de rendre le rôle de parent plus gratifiant pour les mamans.
Pour de nombreux parents, le fait d’être conscient des activités indispensables et la volonté de partager les responsabilités changent souvent la donne. Après tout, être parent, c’est s’entraider et se soutenir mutuellement.
2) Accepter de lâcher prise
Dans son livre « Lâchez la balle », Tiffany Dufu raconte que son éducation l’a empêchée de faire confiance aux autres, et notamment à son mari, pour accomplir les tâches ménagères. Cela a entraîné des sentiments de stress, de ressentiment et de surcharge.
Plusieurs études suggèrent que, comme Tiffany, de nombreuses mères souffrent d’épuisement parce qu’elles refusent de demander et/ou d’accepter l’aide des pères, soit parce qu’elles sont persuadées que tout faire à la maison est en quelque sorte lié à leur valeur, soit parce qu’elles croient qu’elles seules peuvent faire les choses « comme il faut ».

Mais la vérité c’est que toute la famille sera plus épanouie si vous cessez de vouloir trop jongler. Demandez et acceptez de l’aide, faites confiance aux papas pour faire un travail convenable même si vous l’auriez fait différemment.
3) Le type de personnalité compte !
Dans l’étude citée ci-dessus, les chercheurs ont constaté que les activités des enfants avaient un impact différent selon le parent.
En d’autres termes, si certains parents appréciaient les activités éducatives telles que la supervision des devoirs, la participation aux manifestations scolaires, ou les réunions avec les enseignants, d’autres préféraient les aspects tels que la gestion des activités extrascolaires.
De même, les chercheurs de la deuxième étude citée ont constaté que les papas et les mamans ne jouaient pas de la même manière avec les enfants, et que les premiers avaient tendance à apprécier et à pratiquer des jeux plus physiques et plus turbulents (chatouilles, poursuites, balades à dos, etc.)
Répartir les activités en fonction des préférences de chaque parent est donc un moyen facile de faire participer chaque parent, de réduire le stress et de renforcer le sentiment de bien-être.

L’une des conclusions majeures de la recherche est que les papas proposent souvent un type de jeu qui diffère de celui privilégié par les mamans. En d’autres termes, le jeu physique et énergique qu’ils préfèrent complète les différentes formes de jeu pratiquées par les mamans.
Cette constatation est une excellente nouvelle pour les familles où les pères ont peu de temps à consacrer à leurs enfants ou pour les familles monoparentales.
Cela signifie que les mères célibataires peuvent proposer des jeux physiques aux jeunes enfants, ou que les pères célibataires peuvent s’engager dans des jeux plus calmes, car finalement, ce qui compte vraiment c’est de varier le type de jeu pratiqué par l’enfant pour l’aider à développer des compétences variées.
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Ressources scientifiques
[1] Évolution du temps passé par les parents à s’occuper de leurs enfants en fonction du niveau d’éducation dans les différents pays, 1965-2012
[2] Le nouveau papa : Bienveillant, engagé et troublé
[3] Le jeu père-enfant : Une revue systématique de sa fréquence, de ses caractéristiques et de son impact potentiel sur le développement de l’enfant
[4] Des mères heureuses, des pères plus heureux : La prise en charge genrée et l’affect des parents
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