
Si vous êtes parent d’un préado ou d’un adolescent, vous avez probablement déjà constaté que la plupart des idées reçues sur la motivation… ne fonctionnent pas.
On entend souvent dire que la motivation intrinsèque est la clé de tout. Et c’est vrai : un adolescent est naturellement motivé par ce qui l’intéresse ou a du sens pour lui.
Il peut passer des heures à apprendre la mécanique de sa moto, à jouer aux jeux vidéo ou à regarder des vidéos sur TikTok, tout en peinant à réviser ses cours ou à pratiquer un instrument de musique.

Pourquoi les stratégies classiques échouent
On recommande souvent aux parents de :
- donner plus d’autonomie à leur adolescent,
- le laisser apprendre de ses erreurs,
- lui montrer qu’on lui fait confiance pour faire les bons choix.
Le problème, c’est que ces stratégies sont rarement efficaces lorsque l’adolescent n’est déjà plus motivé. Même s’il comprend que ses notes auront un impact sur ses études supérieures et ses perspectives professionnelles, il peut continuer à faire le strict minimum.
Le véritable problème : le sentiment d’efficacité personnelle
Peu de parents le savent, mais l’échec est l’une des principales causes du manque de motivation chez les adolescents. Les recherches montrent que la motivation dépend fortement de la manière dont un adolescent perçoit sa propre capacité à réussir, ce que l’on appelle le sentiment d’efficacité personnelle.
Selon le psychologue Albert Bandura, sans ce sentiment — sans cette « force de croire que l’on peut réussir » — il devient extrêmement difficile d’agir.
Un individu qui ne croit pas en sa capacité à réussir n’adoptera tout simplement pas les comportements nécessaires pour atteindre ses objectifs.
De nombreuses recherches établissent un lien clair entre :
- le sentiment d’auto-efficacité,
- la motivation,
- et la réussite scolaire.
Le cercle vicieux de la démotivation
L’auto-efficacité et la réussite scolaire sont intimement liées. Plus un adolescent rencontre des échecs :
- plus il se perçoit comme incapable de réussir,
- moins il travaille,
- moins ses résultats sont bons,
- et plus sa conviction d’être « nul » se renforce.
C’est un cercle vicieux qui érode progressivement la motivation.
L’écrivain Ernest Hemingway disait que la faillite survient « de deux façons : progressivement, puis soudainement ». Il en va de même pour le manque de motivation : à mesure que les notes baissent, le sentiment d’efficacité personnelle s’effondre… lentement, puis brutalement.
Bonne et mauvaise nouvelle pour les parents
La mauvaise nouvelle, c’est que des stratégies comme « lui donner plus d’autonomie » ou « lui faire confiance pour faire les bons choix » sont souvent trop optimistes et inefficaces pour un adolescent déjà démotivé.
La bonne nouvelle, en revanche, c’est qu’il existe une solution scientifiquement validée : renforcer le sentiment d’auto-efficacité.
Voici comment procéder concrètement.
Comment motiver votre préado/ado

1) Renforcez sa motivation intrinsèque
Il est vrai que plus un adolescent est convaincu qu’une action lui sera bénéfique, plus il sera motivé.
Mais lui répéter que “les bonnes notes sont importantes” ne suffit pas.
Apportez-lui plutôt des informations concrètes :
- renseignez-vous sur les domaines qui l’intéressent,
- montrez-lui les parcours nécessaires pour y accéder,
- parlez-lui des métiers, des études et des exigences réelles.
S’il n’a pas encore d’idée précise, présentez-lui différents domaines et leurs prérequis.
Ne vous contentez pas de lui dire : montrez-lui des données, des exemples, des parcours réels.
2) Accompagnez votre ado
Beaucoup de parents pensent que les préados et les adolescents sont capables de travailler seuls.
La réalité est que la plupart ne le sont pas, surtout lorsqu’ils sont démotivés.
Un adolescent en difficulté a besoin de plus de soutien parental, pas moins, afin d’éviter qu’un faible sentiment d’efficacité personnelle ne s’installe durablement.
Selon votre situation, vous pouvez par exemple :
- consacrer 15 à 20 minutes par jour aux matières difficiles,
- revoir certaines notions le week-end,
- faire appel à un tuteur,
- proposer un plan de révision clair sur une durée définie.
Il n’existe pas de solution unique : l’approche doit être adaptée à votre enfant, à ses objectifs et à votre contexte familial.

3) Aidez-le à adopter des stratégies de réussite
Les adolescents apprennent beaucoup de choses à l’école, mais c’est par la pratique qu’ils consolident leurs connaissances.
Par exemple, connaître des faits sur la Première Guerre mondiale ne suffit pas : il faut savoir utiliser ces informations pour répondre à différents types de questions.
Aidez votre enfant à :
- traiter l’information,
- la reformuler avec ses propres mots,
- faire des liens entre les notions.
Encouragez-le à se poser des questions (« pourquoi ? », « quelles conséquences ? », « pour qui ? ») et à utiliser des supports complémentaires comme des vidéos YouTube éducatives.
Au début, il est normal que vous deviez travailler avec lui. Avec le temps, ces compétences deviendront plus automatiques. Encourager votre enfant à dresser une liste de choses à faire chaque jour et à développer des routines (par exemple, faire un certain nombre de calculs chaque jour/semaine) est un excellent moyen de maintenir la motivation. Même s’il résiste au départ, les résultats positifs finiront par renforcer son engagement.
Lecture utile
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4) Montrez-lui que vous êtes investi dans sa réussite
Votre adolescent peut d’abord avoir l’impression que vous le « surveillez », mais il appréciera profondément de sentir que vous vous intéressez à lui.
Montrez-lui que vous croyez en sa capacité à réussir, que vous valorisez ses efforts, pas seulement ses résultats, que vous êtes prêt à l’aider. Il est important de ne pas accepter un manque d’efforts, tout en évitant le contrôle excessif.
Fixez ensemble des règles claires :
- quand et comment travailler,
- avec qui,
- et quelles seront les conséquences en cas de manque d’efforts répétés.
Enfin, n’oubliez pas de vous intéresser à sa vie en dehors de l’école, de l’écouter et de partager des moments agréables sans lien avec le travail scolaire.
En conclusion
Dans de nombreux cas, la motivation d’un adolescent passe d’abord par l’accompagnement parental. Mais la bonne nouvelle, c’est qu’à mesure que son sentiment d’efficacité personnelle se renforce, il gagnera en autonomie et prendra progressivement les initiatives nécessaires pour atteindre ses objectifs… par lui-même.
Très intéressant comme article. Dommage qu’il n’ai pas été relu et mieux traduit.
Merci pour votre commentaire. J’aimerais beaucoup (beaucoup) que mes articles soient traduits par un traducteur de langue maternelle française, et/ou relus par un correcteur professionnel, mais je n’en ai malheureusement pas le budget. J’espère néanmoins que vous avez pu comprendre le message malgré les coquilles. N’hésitez pas à m’envoyer un message soulignant les erreurs et je les corrigerai dans le texte original !