
Tous les parents le savent : chaque enfant passe par le « stade des colères ». C’est comme ça. Les colères des enfants sont souvent leur façon d’exprimer des émotions difficiles. On l’a dit et redit : la gestion des émotions est terriblement compliquée pour les enfants lorsqu’ils sont confrontés aux grandes émotions. Cette incapacité se manifeste fréquemment par des colères, de l’agressivité, de la timidité et ce que l’on qualifie souvent à tort de « mauvais comportement ».
L’avantage de cultiver l’intelligence émotionnelle de votre enfant est que c’est souvent un investissement à long terme : un enfant qui réagit de manière émotionnellement intelligente devient un adulte qui réagira de la même manière. Autrement dit, favoriser l’intelligence émotionnelle chez les enfants dès leur plus jeune âge peut réduire le risque des troubles sociaux, comportementaux et psychologiques.
Nous savons aujourd’hui que favoriser l’intelligence émotionnelle de son enfant ne veut pas dire le protéger des émotions difficiles. Dans une étude, les chercheurs ont tenté d’identifier les environnements familiaux favorisant le développement de l’intelligence émotionnelle. Ils ont constaté que cette compétence est plus développée dans les environnements où les enfants ont appris à gérer les conflits et les situations difficiles et moins développée chez ceux qui ont peu de possibilités d’y faire face.
L’intelligence émotionnelle est donc une stratégie efficace qui permet à votre enfant d’identifier et de gérer ses émotions seul.
Toutefois, dans certaines situations, les colères et le comportement de votre enfant peuvent être le signe de problèmes plus graves.
Dans une étude conduite à l’Université de Washington, des chercheurs ont révélé que le tempérament des enfants pouvait les rendre vulnérables à certains problèmes comportementaux, et cela malgré le style parental. Autrement dit, vous n’aurez pas toujours les capacités à aider votre enfant tout seul. Il est donc conseillé de voir un professionnel s’il montre les symptômes suivants :
• Des sautes d’humeur intenses et fréquentes
• Des réactions disproportionnées face aux situations
• De l’insomnie
• Un comportement destructeur
• Un comportement que vous vous sentez incapable de gérer
Les chercheurs ont analysé 279 enfants âgés de trois à six ans afin de déterminer si oui ou non il y avait des structures spécifiques associées aux troubles de l’humeur. Ils ont constaté que les « structures de colère » ne sont pas semblables si les enfants sont « en bonne santé » et s’ils ont des troubles d’humeur.
Cette étude a mis en évidence quelques signaux d’alerte qu’il ne faut pas ignorer :
1) De nombreuses crises de colère par jour
Bien que les crises de colère soient normales chez l’enfant, les chercheurs suggèrent qu’il faut s’inquiéter quand il s’agit de colères persistantes. Selon eux, plus de cinq crises de colère par jour sont le signe d’un trouble de l’humeur. En effet, des crises répétées sont l’un des critères utilisés par les thérapeutes pour identifier des troubles du comportement tels que le TDAH ou le trouble de dérèglement de l’humeur perturbateur.
2) Les réactions excessives
Ces chercheurs ont défini les réactions excessives comme celles qui sont disproportionnées au regard d’une situation donnée. Parmi les signes de celles-ci figurent l’agressivité (envers les frères et sœurs, parents, camarades de classe, amis, etc.) et un comportement destructeur. Ils suggèrent qu’il faut intervenir si votre enfant affiche un comportement violent 90 % du temps que dure la crise de colère.
3) Un comportement d’automutilation
Les enfants souffrant d’un trouble de l’humeur sont plus susceptibles de se faire du mal quand ils ont des crises de colère. Ces comportements peuvent inclure se mordre, se frapper, se cogner la tête ou retenir sa respiration.
4) Les colères sans fin
Les crises de colère varient en durée chez les enfants. Une crise peut durer dix minutes aujourd’hui et deux demain. S’il est vrai qu’il n’y a aucune norme de « durée de crises de colère », celles qui durent plus de vingt-cinq minutes peuvent cacher un problème plus grave.
5) Une incapacité à se calmer
Une incapacité à se calmer peut également être le signe d’un problème sous-jacent. Si votre enfant ne parvient pas à se calmer seul et a constamment besoin de votre aide malgré vos tentatives de lui proposer des astuces pour retrouver le calme, cela peut signaler un problème plus grave.
Si vous avez remarqué certains de ces comportements chez votre enfant, il n’y a aucune raison de paniquer. N’oubliez pas qu’aider votre enfant à apprendre à identifier et à gérer ses émotions par lui-même est une phase clé qui peut largement réduire les comportements problématiques.
Mes formations gratuites en ligne peuvent aussi vous aider à identifier une stratégie efficace pour gérer le comportement problématique de votre enfant.
Toutefois, si ce billet renforce vos doutes, un spécialiste saura évaluer votre enfant et lui proposer des outils adaptés à sa situation.
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Références scientifiques
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC2211733/
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/487876
http://web.simmons.edu/~turnerg/Dunn%20et%20al%201991….pdf





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